i’m
not
Giselle
Carter

52 prodiges, 12 miracles, 1 chute et quelques révélations.


INTENTION




La période que nous traversons, son flux d’informations contradictoires, le diktat scientifique, ses vérités et ses contre-vérités, le virtuel qui a pris le pas sur le réel, nous ont donné envie de prendre l’air, de décoller du réel, de se plonger dans la fiction, dans la poésie, s’éloigner du tout cartésien, du tout anxiogène. Il nous semblait urgent de faire parler le ciel, le retrouver, lever la tête vers lui, et de proposer un ailleurs. Une Respiration. Tenter un réenchantement du monde.

Par ciel, on entend un ensemble d'éléments théopoétiques, qui traverse l'histoire invisible de l'humanité autour de l'art, des croyances, des contre-cultures, des mythes et des mystères. On ne propose pas ici de projet ésotérique, mais un parcours anachronique qui se joue de nos superstitions, de nos peurs, de nos secrets et de nos contradictions.

En toile de fond, s’installe, comme une persistance rétinienne, un regard rieur sur notre contemporanéité où le culte de la certitude s’étiole pour le meilleur comme pour le pire. Du doute aux théories du complot. De la fake-news à la remise en question d’un ordre établi.

L'auteur, Manu Berk, s’est amusé à détourner le livre des prodiges de Julius Obsequens, qui est resté célèbre pour contenir des récits de phénomènes étranges survenus de 249 à 12 avant J.-C. dont certains, aériens, sont aujourd’hui catalogués dans la catégorie des OVNI.

Mais ici, l'époque est moderne, les météorites frôlent la mort de Beyoncé, la foudre s'écrase sur un célèbre restaurant en Sicile, et John Carpenter se cache derrière les cascades.

On invite le spectateur dans un monde peuplé de phénomènes non-identifiés, qui parle de toi, de moi, de nous.



Entre installation, danse, concert et performance, le public sera invité à se glisser dans un monde habité d’étranges présences, d’apparitions nocturnes : une procession, une voiture ovni, desfantômes, un prêche sur un stabat mater, une pluie magique, un trou noir… Une sorte d'odyssée poétique de notre espace mental.  

Un questionnement sur nos superstitions, notre rapport aux icônes 2.0 car dans cette somme astronomique d'images, on ne voit plus rien … qu’un halo lumineux.
On tentera d'inventer une sorte de conte urbain, à double sens, est-ce vrai, est-ce faux ? Un double monde, un royaume urbain où vivants et morts cherchent à communiquer et arrivent à rire de leurs paradoxes. Et on a envie de faire semblant d'y croire.

Ce projet est un prétexte à inventer ses propres mythos, à s'amuser à nouveau des lumières et des ombres. Se laisser emporter par l'esprit d'un lieu, sa normalité et sa para-normalité, ses souterrains, ses surfaces. L’amplifier, le faire grandir et le façonner pour plonger dans l’envers du décor à la frontière de nos perceptions. Au loin, on entend une voix, un chant ...

Sur un terrain, non-loin de nulle-part,
la mort de Beyoncé tombe du ciel.
Commence une série de prodiges et de miracles.
Une traversée de théorèmes surnaturels proche du conte urbain.
Ces fragments d'aujourd'hui se vivent comme des petits éclats de météorites ou des tableaux de la renaissance tombés du camion.


FORME / FORMAT




Marlène Llop et le collectif BallePerdue continuent d'écrire des paysages. Ils poursuivent leur exploration contextuelle pour l’amener jusqu’à l’immersif, cette recherche d’une parole-concert dans des espaces. Avec cette nouvelle création, le défi est d’éclater le format. Tenter de dégager le 1er plan du discours pour donner plus de place aux images, ouvrir les perspectives, aérer et habiter l’espace pour déployer des points de vue.
La forme tire vers l’installation où le texte se décentralise au bénéfice des autres mediums (création sonore, image, vidéos), où la plasticité du paysage et des images qui l’occupent est vecteur de signifié, où la présence chorale des amateurs n’est plus périphérique mais centrale dans la dramaturgie.

Une écriture plurielle, immersive qui s'offre à vous comme tombée du ciel. Sorte de traversée poétique, étendue par sa dimension sonore et visuelle, qui questionne à nouveau la portée pluridimensionnelle de nos vies terrestres et tente de nouer un dialogue entre monde visible et monde fantomatique. 
Prendre le temps de rentrer dans la fiction, d'infiltrer des micro éléments et événements, parasiter la temporalité linéaire (décalage horaire, forces magnétiques, sas de brouillard, sol mouillé, voiture qui prend vie...), qui ouvre la brèche, la faille. Provoquer un glissement …

Ici, la danseuse, Jiin,  silhouette mi-femme mi-enfant, dans sa partition corporelle et graphique, amène le public dans un mouvement travelling. Nous jouons de sa langue coréenne et de son parler français particulier qui amène de l’étrangeté.
Elle habite l’espace, joue sur et avec l’horizon, révèle le génie du lieu, s'amuse de ses secrets et provoque ses superstitions en dialoguant avec la musique. Les techniciens à vue et en jeu évoluent dans l’espace, éclairent, créent des ambiances d’eau et de brouillard, commandent à distance leur voiture ovni.
Dans une verrière, coupée du monde, le musicien et la voix off et chantée posent un univers cinématographique, commentent, dialoguent avec ce monde qui les entoure.
Les textes, aphorismes, poèmes sont entendus, vidéoprojetés comme en VOST ou dans une approche musicale, deviennent paroles scandées, chantées,

I’m not Giselle Carter tente de s’inscrire dans une fiction qui viendra dessiner une ambiance urbaine, de magie et de simulacre, en s’amusant des codes et de l’esthétique des clips, du cinéma et des séries. Renouer avec le clair-obscur, jouer des lumières «déjà là», fabriquer l’atmosphère en relation à l’espace. Mêler les images sacrées et profanes : de Dieu au Tintoret en passant par Beyoncé et les films de Lynch.






EXTRAITS




APPARITION 1

Le célèbre tableau l’île des morts de Böcklin est retrouvé sur le parking d’une zone industrielle. Il est 23h59 quand une adolescente tombe dessus et semble reconnaître le fantôme. Début d’une plongée dans le monde habité de peurs, de rêves et de dopamine.



MIRACULO 1 (celui là je l'écris en italien, des fois ça sonne mieux, on se croirait presque dans une basilique du XVIème à boire un cappuccino avec Castellucci)

Un endroit désert. Complètement oublié du reste des vivants.
La beauté pure. L'extase vide.
Un vidéoclub avec tous les films de John Carpenter y existe.
Caché.
Derrière une cascade.



Les poètes parlent toujours de la météo
Il est toujours question de ciel, d'orage et de nuit
Moi ce que j'aime le plus dans la météo
C'est de savoir à quel saint on fera la fête.





—PRODIGE IV

On entend de loin une sonate.
Et pourtant de près, tout semble plus proche de la détonation.


MEDIATION




Sur cette création, les participants incarneront des figures fantomatiques et composeront des images oniriques, pour ce, des ateliers seront proposé en amont autour du corps et de la voix.

Quel profil on cherche: un groupe d’une dizaine de personnes de tout âge (on recherche un mixité dans le groupe enfants/adulte /vieux) ayant soit une pratique du corps ou un attrait pour ça (danse, sport, théâtre) et/ou une pratique du chant ou un attrait pour cela. 

Ce que l'on propose: une forme de workshop dans l’espace public au cours duquel on associe les participant.e.s à notre recherche: composition vidéo, travail sur le chœur, composition de figures, chorégraphie, procession, déplacement, chant. Travailler autour de cet endroit d'inquiétante étrangeté, de décalage réel/fictif, de jeu d'apparition et de bascule vers un autre monde. 




— PRODIGE V


Un karaoké se lançait sur «  all the single ladies » au dessus de chez ma voisine.
Au même moment. La foudre s'écrasa sur le burger king d'une île en Sicile.



TRACES EN COURS








STORIES







EQUIPE





Mise en scène et direction artistique : Marlène Llop
Texte : Manu Berk
Musique et Création Sonore : Arthur Daygue
Voix, chant : Pina Wood
Danse : Ji in Gook
Installation, Jeu, Vidéo  : Jérôme Coffy
Installation, Jeu, Lumière : Laurie Fouvet


PARTENAIRES




Production : BallePerdue Collectif
Production déléguée : L’Usine_CNAREP Tournefeuille

Coproduction et résidence :
Hameka / Fabrique des Arts de la rue – Communauté d’agglomération du Pays Basque (64)
L’Abattoir / Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace Public Chalon-sur- Saône (71)
L’Usine / Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace Public – Tournefeuille (31)
L’Atelline / Lieu d’activation art et espace public - Juvignac (34)
Avec le soutien de :
Ministère de la culture / DGCA
Direction régionale des affaires culturelles d’Occitanie
Région Occitanie